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(Société Civile Média) – Les Agriculteurs et agricultrices de Tohoun (environ 148 km au nord-est de Lomé) sont très en colère et tiennent à le faire savoir. Face à ce qu’ils qualifient d’ « envahissement démesuré » de leurs villages par les Peuls et leur bétail, ils sont sortis nombreux ce mardi pour crier leur ras-le-bol devant le Maire de la commune du Moyen-Mono 1. Et les mots utilisés sont sans ambages. « Que les Peuls quittent définitivement notre canton, sans condition. Au cas contraire, nous ferons d’eux nos ennemis. Où ils nous chassent, où nous les chassons », ont-ils averti. Les autorités sont donc interpellées.

« Nous sommes devant vous ce matin du 19 mai 2020, nous agriculteurs et agricultrice du grand canton de Tohoun, non pas pour vous jeter des fleurs parce-que vous gérez bien notre commune, mais pour exprimer notre ras-le bol face à l’envahissement démesuré des Peuls des villages du canton de Tohoun », ont-ils indiqué devant l’élu local.

Ces paysans se plaignent du fait que les Peuls et leurs bétails dévastent leurs cultures de saison en saison, les exposant à la famine. Mieux, ils condamnent l’attitude du commissariat et de la gendarmerie qui, selon eux, ne font rien pour trouver une solution au problème.

« Comment comprendre que des bœufs dévastent nos cultures et quand nous nous présentons au commissariat ou à la gendarmerie pour nous plaindre, paradoxalement nous sommes incompris. Si on ne nous enferme pas, on nous oblige à payer des  amendes », affirment-ils.

Les paysans de la localité sont d’autant plus en colère qu’ils n’ont pas compris pourquoi la police a tiré des gaz lacrymogène sur la population du village d’Aglamassoé parce qu’elle a dénoncé des abus des bétails des Peuls. La scène s’est passée ce lundi 18 mai.

Vue partielle des agricultrices lors de leur rassemblement

« Monsieur le maire, on piétine mes droit et quand j’ose protester, on me gaz. Nous ne comprenons rien. C’est pourquoi nous voudrions vous dire que le sentiment à trop duré et qu’il faille vous arracher la vérité en face. Quand on n’est pas d’accord, on dit non », a lâché le porte-parole des agriculteurs de Tohoun devant le Maire, avant d’ajouter : « C’est avec nos cultures obtenues à la sueur de nos fronts que nous arrivons à nourrir nos familles et payer la scolarité de nos enfants. Nous somme dépassés des abus des Peuls avec la complicité de nos autorités locales y compris vous monsieur le maire, notre fils. Quand on est dépassé, il faut avoir le courage de dire non ».

Les agriculteurs de Tohoun invitent donc le Maire de la localité à transmettre à qui de droit deux demandes qui leur tiennent à cœur. La première est que la police ou la gendarmerie rétablisse la justice et cesse de les prendre pour des « animaux sauvages à abattre sans sommation ».

En plus, ces paysans veulent voir les Peuls quitter définitivement leur canton, sans condition.

« Au cas contraire, nous ferons d’eux nos ennemis. Où ils nous chassent, où nous les chassons », ont-il averti.

A noter que récemment, le Togo a imposé des règles strictes à la transhumance suite à la recrudescence des incidents et des conflits de plus en plus violents entre bouviers et exploitants agricoles dans diverses localités. Ainsi donc, pour tout incident causé par un troupeau de bœufs, le bouvier et propriétaire du troupeau seront arrêtés et traduits devant les juridictions compétentes pour répondre de leurs actes conformément à l’Arrêté interministériel Numéro 0011MAEP/MAEI/MAEIR/MAT/DCL/MEF /MCDAT/MSPC, portant l’organisation du mouvement de la transhumance au Togo. Le troupeau incriminé sera purement et simplement saisi et vendu aux enchères. Par ailleurs, des instructions fermes ont été données aux principaux responsables des organisations d’éleveurs et aux autres  acteurs pour faire arrêter la divagation des animaux sous toutes ses formes.

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