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(Société Civile Média) – Femme entrepreneure engagée dans le développement agricole, SERITCHI Kpébou Jeanne est le porte-flambeau de l’autonomisation de la femme dans sa localité. Son travail et son abnégation font d’elle une référence en matière d’entrepreneuriat  féminin  à Bassar.

Dactylographe de formation, Jeanne SERITCHI est fonctionnaire à la préfecture de Bassar. Avec un groupement de femmes, elle décide de se lancer dans l’entrepreneuriat. Très autonomes, les femmes de Bassar ont pour principe de travailler dur pour ne pas vivre dans la dépendance. Mme SERITCHI est l’une de ces femmes battantes. Elle a su concilier les deux domaines pour s’illustrer aujourd’hui  comme un modèle dans sa communauté. Femme fonctionnaire et femme entrepreneure, cette native de Bandjéli, inspire aujourd’hui beaucoup son entourage.

« La femme bassar est une femme forte, courageuse et surtout indépendante. Vous seriez surpris de voir les réalisations des femmes de cette ville. C’est impressionnant ! », loue-t-elle.

Kpébou avoue avoir été inspirée par une autre femme, une amie qui redessinera les lignes de son destin.Une sorte d’interactivité. « Un jour, j’ai rendu visite à une amie qui pratiquait l’élevage des porcs. Son activité m’a tapé dans l’œil. J’ai été très intéressée  et  je lui ai posé  beaucoup de questions ; elle m’a rassuré que le domaine était rentable. J’ai été séduite et j’ai décidé de m’y mettre. De retour chez moi, je n’ai pas mis longtemps à me lancer », raconte-t-elle.

Les premiers pas dans l’entrepreneuriat

A l’élevage, Mme SERITCHI a, plus tard, associé la culture. Mais l’écoulement des produits récoltés étant lent, les stockages s’accumulaient.  Une idée nait chez la femme de 56 ans. Au lieu de vouloir vendre les produits à l’état brut, pourquoi ne pas les transformer ? Pour donner vie au projet, Jeanne s’entoure d’autres femmes de la localité, un premier groupement est né. Les femmes privilégient  trois principales cultures à savoir le maïs, les tubercules et le gombo.

Pour Jeanne, c’est une sélection stratégique. « Le maïs est une céréale de base au Togo, beaucoup d’aliments sont constitués de maïs. L’igname est beaucoup cultivée et plus abondante à Bassar etle gombo se consomme presque partout. Ce sont des aliments que nous pouvons très vite écouler quelle que soit lasituation… », explique l’agro-entrepreneure.

Avec le concours de son groupement  baptisé « Scoupsondissassolé », en Bassar (dieu nous fait grâce en Français), elle transforme quotidiennement le maïs et l’igname en poudre et le gombo en grains moulus. Des produits qui se commercialisent essentiellement à Lomé la capitale et à Kara ainsi que dans d’autres villes du pays. Avec à sa disposition un champ  qui s’étend sur 1,5 Hectares, le groupement produit approximativement 250 sachets de 500g de poudre de maïs par semaine.

Cela fait 19 ans que Jeanne exerce cette activité de transformatrice avec son groupement qui compte aujourd’hui 31 personnes dont un seul homme.

Elle a aidé à créer d’autres groupements, environ 70, dans la localité et s’illustre aujourd’hui  comme une « consultante »  en  la matière. Elle anime, coordonne, conseille, motive, aide à concevoir des projets au sein de différents groupements où elle est sollicitée dans la localité.

Toutefois, Mme SERITCHI ne compte pas s’arrêter là, elle nourrit de plus grandes ambitions : conquérir le marché international. Sa seule limite : le manque d’équipements adaptés pour la transformation qui affecte la production. « Jusqu’ici, tout se fait de façon manuelle. Cela rend le travail fastidieux et demande beaucoup de temps », déplore-t-elle.  Pour l’heure, l’entrepreneure calque son espoir sur un financement qu’elle obtiendra très prochainement dans le cadre d’un projet.

Une ambition politique ? Me SERITCHI semble être hésitante avant de finalement pencher pour être accompagnatrice plutôt qu’actrice politique. Pour cette femme qui se targue d’être une femme influente et  appréciée dans sa localité, c’est le développement de sa communauté qui prime sur tout.

Edem PEDANOU (portrait réalisé dans le cadre du projet Egbé Nana du Pro-CEMA)

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