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(Société Civile Média) – Quelles stratégies mettre en place pour mener à bien les activités de plaidoyer sur l’érosion côtière au Togo ? A Nouvelles Alternatives pour le Développement Durable en Afrique (NADDAF), la question préoccupe. Cette organisation en a d’ailleurs fait l’un de ses axes d’action dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Action des Volontaires Européens et Nationaux Investis pour la Résilience » (AVENIR). C’est dans ce cadre qu’elle a formé, ce mercredi 8 janvier à Lomé, ses membres ainsi que ceux d’autres organisations de la société civile sur les techniques pour réaliser un bon plaidoyer sur le sujet auprès des autorités compétentes.

La rencontre, tenue à l’Espace Saint Jean de Lomé (Agora Senghor), avait pour objectif de renforcer les connaissances et compétences de la vingtaine de participants, pour mener à bien des activités de plaidoyer sur l’érosion côtière. Il s’agissait de leur donner les outils nécessaires pouvant leur permettre de comprendre en quoi consiste le plaidoyer, ses objectifs et ses enjeux ainsi que les moyens qui peuvent être mis en œuvre dans ce cadre.

Charles AQUEREBURU, maire adjoint de la commune de Baguida, procédant à l’ouverture de l’atelier

En effet, ces dernières années, le littoral togolais connait un très fort taux d’érosion côtière avec un recul du trait de côte pouvant atteindre jusqu’à 20 mètres par an aux points les plus critiques. A cela s’ajoute les effets des changements climatiques que sont l’élévation du niveau de la mer et l’augmentation de la fréquence des événements extrêmes. Ces deux phénomènes ont pour conséquence d’augmenter l’érosion côtière en accélérant la perte de terres et par conséquent l’insécurité qui y est liée pour les communautés riveraines.

Cette insécurité, il faut le noter, se traduit par les préjudices de plusieurs ordres que subissent les populations du littoral à savoir : perte de leurs sources de revenus, perte de leurs habitats, perte de biens, mort, handicap, déscolarisation, déplacement de sépultures, choc psychologique, pour ne citer que ceux-là.

« Du fait de l’absence de système d’assurance, certaines victimes se retrouvent du jour au lendemain sans habitation dans le pire des cas. Ce phénomène, maintenant connu de tous, et le sort des victimes ne sont que peu pris en compte dans les politiques. Il n’existe pas en effet de politique d’indemnisation ni de réel programme de relocalisation des victimes », déplore Frédérique PRADIGNAC, Volontaire de l’aide de l’Union Européenne pour NADDAF. Et d’ajouter qu’il devient nécessaire de mettre en place des actions de plaidoyer auprès des autorités décisionnaires pour que le sort des victimes soit intégré aux politiques menées par l’Etat togolais.

Vue partielle des participants à l’atelier

Identifier les stratégies pour bien mener les actions

L’atelier de ce mercredi a donc été l’occasion d’identifier des tactiques de plaidoyer pour développer des actions contre l’érosion côtière. Il a permis de dégager des axes de collaboration entre organisations de la société civile et d’établir des moyens d’action en synergie. Il a également permis d’inclure les représentants des communautés dans les démarches de plaidoyer à venir.

Deux grandes communications ont meublé la rencontre. Elles portaient respectivement sur ‘‘le plaidoyer : définition, enjeux,  et stratégies’’ et ‘‘le document de plaidoyer, astuce d’élaboration et défis’’. Ces communications ont été suivies de la mise en relief de l’activité de plaidoyer avec l’érosion côtière et les grandes problématiques du domaine. La rencontre s’est achevée avec des travaux de groupe qui ont permis aux participants de travailler sur les cibles, les parties prenantes et les stratégies étatiques de plaidoyer à mettre en œuvre.

« L’idée d’inviter d’autres organisations de la société civile c’est de voir comment on peut collaborer et travailler ensemble pour avoir plus de poids pour la prise de conscience politique et collective », précise Frédérique PRADIGNAC.

A noter que les actions menées par NADDAF dans le cadre de la lutte contre l’érosion côtière concernent plus spécifiquement 4 communautés victimes de ce phénomène. Il s’agit de  Gbétsogbé, Baguida, Agbavi et Aného.

Bref aperçu sur le projet AVENIR

Financé par l’initiative EU Aid Volunteers et coordonné par France Volontaire, le projet AVENIR a pour objectif général de renforcer les politiques d’engagement des jeunes en tant qu’acteurs de la prévention, de la gestion des risques et de l’amélioration de la résilience des populations.

Prévu pour 2 ans (octobre 2018-octobre 2020), AVENIR vise à renforcer les capacités des Espaces Volontariats, des organisations nationales de volontariat et d’autres acteurs humanitaires sur l’implication de volontaires nationaux et de volontaires européens dans la réduction des risques, la prévention des crises et l’adaptation aux changements climatiques, pour une meilleure implication des communautés locales.

Au Togo, AVENIR poursuit 5 objectifs : Renforcer la résilience des communautés locales pour mieux réduire les risques de crises dans les domaines de la lutte contre l’érosion côtière ; renforcer des communautés ciblées dans leur adaptation aux risques auxquels elles font face, notamment par l’adaptation de leurs sources de revenus ; Former à la mobilisation et à la gestion de volontaires locaux ; développer uns stratégie de mobilisation de volontaires nationaux sur la prévention des crises et la réponse aux crises humanitaires.