Posted on

(Société Civile Média) – Alors que la communauté internationale commémore, ce 26 juin, la Journée internationale pour le soutien aux victimes de torture, on estime du côté du CACIT (Collectif des Organisations Contre l’Impunité au Togo) que le Togo a encore du chemin  à faire en matière de lutte contre ce phénomène.

« Nous reconnaissons que des efforts sont faits, mais ces efforts ne sont pas assez remarquables pour que nous puissions dire que la torture n’existe plus au Togo », a indiqué Claude AMEGAN, président du CACIT, au cours d’un dîner de presse qui a réuni les médias jeudi 25 mai à Lomé.

La rencontre a été pour cette organisation de défense des droits de l’homme, l’occasion d’exposer à la presse l’évaluation de la mise en œuvre des engagements de l’Etat togolais en matière de torture et de mauvais traitements y compris dans le contexte du Covid-19. Elle a permis de fournir aux médias des informations sur la situation de la torture et des mauvais traitements en Afrique, en lien avec le contexte du coronavirus et de susciter leur engagement pour la mise en œuvre des stratégies de lutte contre la torture.

« Nous avons organisé cette rencontre pour faire ensemble l’état des lieux et voir les avancées obtenues par le gouvernement togolais. Il s’agit de voir aussi comment nous pouvons œuvrer ensemble pour éradiquer la torture dans notre pays et dans le monde », a précisé Me Claude AMEGAN.

Vue partielle des journalistes invités au dîner de presse

Depuis le début de l’année 2020, le monde entier fait face au COVID-19, une pandémie dont les conséquences touchent tous les domaines de la vie sociale, politique, économique et culturelle. Dans ce contexte, les Etats, dont le Togo, ont pris des mesures restrictives des droits et libertés en vue de réduire la propagation de la pandémie. Un mois et demi après le début de l’Etat d’urgence sanitaire décrété au Togo, le CACIT a recensé 19 allégations de violation des droits de l’Homme dont 3 décès. Pour cette M. AMEGAN, une telle situation constitue la preuve que beaucoup de choses restent à faire pour éradiquer la torture.

« Dès lors que des personnes ont été victimes de traitement que nous considérons comme des tortures, il y a lieu d’être préoccupé. Des gens ont été arrêtés, frappés ou bastonnés et même tués. Nous pensons donc que la torture existe toujours et que cette pandémie et le couvre-feu qui l’a suivi ont accentué ce dérapage. Le gouvernement lui-même a reconnu qu’il y a eu des bavures, cela veut dire que le problème persiste et que nous devons œuvrer ensemble pour que la torture soit définitivement éradiquée de notre pays », souligne le président du CACIT.

Plusieurs rapports des organisations de défense des droits de l’Homme font état de la pratique de la torture au Togo. Ces rapports sont confortés par les recommandations des mécanismes de protection des droits de l’Homme notamment le comité contre la torture (CAT), le comité des droits de l’Homme, le conseil des droits de l’Homme et les décisions de la Cour de justice notamment de la Cour de justice de la communauté CEDEAO.

La Journée internationale pour le soutien aux victimes de torture, il faut le rappeler, vise à ouvrer pour l’élimination totale de la torture et assurer l’application effective de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, qui est entrée en vigueur le 26 juin 1987.

Abonnez-vous à  notre newsletter pour avoir toutes nos publications