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(Société Civile Média) – Des conseillers municipaux peu motivés, maîtrisant très peu leurs rôles et surtout déçus des avantages attendus de leurs fonctions ; des administrations municipales plus occupées à célébrer des mariages qu’à élaborer des projets de développement local ; la non effectivité du transfert de ressources de l’État aux collectivités territoriales…la liste des amers constats faits sur le terrain est bien longue, près d’un an après les dernières élections locales. Mieux, ces constats donnent une idée de l’insatisfaction des populations qui attendaient beaucoup de ces élections censées ouvrir la voie au développement de leurs différentes localités.

Aux constats susmentionnés, l’ONG IJD (Initiatives de Jeunes pour le Développement) en ajoute bien d’autres :  la plupart des membres de l’exécutif communal (le Maire et ses adjoints) se réfèrent plus à leur hiérarchie politique (aux supérieurs de leurs partis politiques) au lieu de créer une véritable alliance des forces vives locales pour des prises de décisions concertées et démocratiques au niveau local afin de favoriser la participation citoyenne ; les populations communales n’exercent pas le contrôle citoyen sur les élus, le Bureau du Citoyen prévu par la loi pour faciliter ce contrôle citoyen n’est pas encore installé dans nombre de communes; la liste n’est pas exhaustive.

« C’est le lieu de rappeler aux citoyens togolais que l’État a reconnu ses limites dans l’offre de services publics, raison pour laquelle il nous a responsabilisés pour mener des actions de développement local de manière participative, inclusive et démocratique. Les conseillers municipaux élus ont besoin d’être accompagnés afin de bien réussir leur mission. Ils ont, cependant, l’obligation de faire une gestion transparente et de rendre compte régulièrement de leur gestion à la population de leur commune conformément à la loi », indique Pascal Edoh AGBOVE, Directeur exécutif de l’ONG IJD.

Tout en reconnaissant que des avancées sont observées dans certaines communes, cette organisation entend apporter sa contribution pour la suite du processus de décentralisation. Et dans le souci de garantir l’atteinte des objectifs assignés à cette nouvelle forme d’administration du territoire,  elle formule 10 recommandations à l’endroit du Chef de l’État.

  • Nécessité de mettre en place des juridictions administratives dans chaque préfecture ou à défaut dans chaque chef-lieu de région pour la gestion des conflits éventuels entre les élus locaux et les représentants de l’État ;
  • Transfert effectif des ressources aux collectivités territoriales en rendant opérationnel le Fonds d’Appui aux Collectivités Territoriales ( FACT) ;
  • Prise de certains textes (décrets et arrêtés) pour faciliter l’application de certaines dispositions de la loi relative à la décentralisation ;
  • Si possible créer un département spécial au sein du Gouvernement pour s’occuper essentiellement des collectivités territoriales;
  • Mise en place du Comité National de suivi de la décentralisation pour faciliter l’évaluation du processus pour des actions correctives promptes ;
  • Mise en place d’un programme de renforcement des capacités et d’accompagnement des élus locaux pour les aider à bien faire leur travail ;
  • Mise en place des organes de gestion du District Autonome du Grand Lomé afin de permettre une bonne coordination des actions de développement entre les communes et le District ;
  • Redéfinition des missions des différents ministères en tenant compte de la loi relative à la décentralisation et aux libertés locales ;
  • Formation des cadres de l’administration centrale sur les textes relatifs à la décentralisation afin de faciliter le transfert des compétences ;
  • Vote d’une loi spéciale relative au contrôle de l’action publique par la société civile.

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