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(Société Civile Média) – Au Réseau des Femmes et Développement des Savanes (REFED/S), on estime qu’agir sur les stéréotypes culturels qui empêchent l’équité et l’égalité genre dans les communautés passe par la connaissance des textes par les premières autorités locales que sont les Chefs-cantons, sensés traiter les violences faites aux femmes au niveau communautaire et les leaders de femmes, considérées comme des Défenseures des droits de la femme. C’est dans ce cadre que cette organisation a initié le projet intitulé « Campagnes de vulgarisation du recueil des textes protégeant les femmes auprès des Chefs-cantons et des femmes leaders de la région des Savanes ». L’initiative a été officiellement lancée lundi 16 mars à Dapaong (environ 620 km au nord de Lomé).

Au Togo, plus particulièrement dans la région des Savanes, il existe encore des femmes et filles qui subissent des violences sous plusieurs formes. Ces violences sont d’ordre culturelle, politique, économique et physique (viol, harcèlement sexuel).

« Ces violences sont probablement la cause pour laquelle peu de femmes de la région des Savanes ne sont pas ou sont peu impliquées dans la gestion des affaires locales. Les filles, quant à elles, arrivent difficilement à l’Université pour décrocher de grands diplômes et concurrencer les hommes ; sachant que décrocher un poste de responsabilité dépend du niveau d’instruction », déplore Conforte KABISSA-LAMBONI, Coordinatrice du REFED/S.

Vue partielle des participants à l’atelier de lancement

Face à la situation, le REFED/S a entamé, depuis sa création en 2004, des rencontres-débats entre les femmes appelées « Puob n fiil » (en langue locale Moba). Il a également initié des formations, des sensibilisations, des cadres de concertation des femmes, des cadres d’échange des filles-élèves, apprenties, etc. Mieux, le Réseau a, en 2018, édité un recueil d’articles des différents textes juridiques de défense des droits des femmes qu’il a vulgarisé au niveau restreint à Dapaong.

Associer Chefs-cantons et femmes leaders à la lutte

En dépit des actions entreprises, le REFED/S s’est rendu compte que les violences faites aux femmes et aux filles ont du mal à reculer dans la région des Savanes. Le Réseau a donc décidé de mener la lutte en mettant à contribution les premières autorités locales que sont les Chefs-cantons qui sont sensés traiter les violences faites aux femmes au niveau communautaire. Les leaders de femmes, considérées comme des Défenseures des Droits de Femmes, sont également appelées à apporter leur contribution à la lutte parce que devant elles-mêmes maîtriser les textes nationaux qui les protègent afin de bien faire leur travail. C’est dans ce cadre qu’a été initié le projet « Campagnes de vulgarisation du recueil des textes protégeant les femmes auprès des Chefs-cantons et des femmes leaders de la région des Savanes ».

Le livret contenant les textes juridiques

« Il s’agit, à travers ce projet, de sensibiliser ces autorités locales et les femmes leaders sur la nécessité de maîtriser tous les textes nationaux qui protègent les femmes et les filles contre les violences et les discriminations et d’impulser une implication inclusive de la femme et de l’homme dans les instances de prise de décisions et dans la gestion des affaires locales », explique Mme KABISSA-LAMBONI.

Appuyé financièrement par le Programme de Consolidation de l’Etat et du Monde Associatif (Pro-CEMA), l’essentiel de ce projet est l’édition, en livret, du recueil des textes nationaux de protection des femmes contre les discriminations et les violences et la vulgarisation de ce livret par une sensibilisation des chefs-cantons et des femmes leaders de tous les cantons de la région des Savanes. L’atelier de lancement officiel du projet, tenu lundi 16 mars, dans la grande salle de conférence des Affaires Sociales de Dapaong, a permis d’informer les parties prenantes sur les objectifs visés par le projet, les bénéficiaires, les activités à réaliser, les sources de financement et les résultats escomptés.

Mme Kabissa-Lamboni s’adressant aux participants

Par ailleurs, au moins 64 livrets de recueil des textes nationaux protégeant les femmes contre les violences et les discriminations ont été vulgarisés au cours de cette rencontre qui a regroupé une cinquantaine de personnes notamment les autorités administratives, judiciaires, religieuses, les chefs-cantons, les femmes leaders, les représentants des Organisations de la Société Civile et des associations féminines de la région et des préfectures de Tône, Kpendjal, Kpendjal-Ouest et Cinkassé.

La vulgarisation se poursuivra mercredi 18 mars à Mango.

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