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(Société Civile Média) – Au Togo, la faible représentativité des femmes dans les sphères de prise de décision demeure un défi majeur. Ce défi, l’ONG Cercle d’Aide Femme-Enfant (CAFE) compte bien le relever. Elle a donc initié une formation sur la budgétisation sensible au genre à l’endroit des conseillères municipales des treize communes du Grand Lomé. L’idée est de les amener à contrôler la façon dont les budgets répondent aux priorités des femmes et à la promotion de l’égalité des sexes.

Organisé du 03 au 04 septembre 2020 avec l’appui du Fond Africain pour le Développement de la Femme (AWDF), cette rencontre vise à renforcer les capacités de la trentaine de conseillères municipales en matière de budgétisation sensible au genre. La formation  s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet de « Promotion et renforcement du leadership et droits politiques des jeunes femmes au Togo » initié par l’ONG CAFE.

« Une fois outillé pour mieux analyser les budgets, les conseillères municipales veilleront à ce que les besoins des femmes soient intégrés dans le budget comme dans le plan communal pour un développement harmonieux et équilibré des communes », explique Sonia DOSSEH MOKPOKPO, Directrice exécutive de l’ONG CAFE.

Vue partielle des participantes à la formation

Etant donné qu’elles exercent toutes cette fonction pour la première fois, poursuit la directrice, « elles ont besoin de ces compétences pour un développement harmonieux de leurs communes et surtout pour l’émancipation de la femme ».

Selon Mme DOSSEH MOKPOKPO, la budgétisation sensible à l’aspect genre est un instrument permettant de responsabiliser les acteurs de la planification du développement communal par rapport aux engagements envers l’égalité des sexes. Elle est une méthode qui permet d’intégrer les spécificités et les besoins des hommes et des femmes et permet d’équilibrer le budget en ce qui concerne les besoins de ces différentes couches sociales.

« Afin d’influencer la formulation des budgets sensibles à l’aspect genre et à l’égalité de sexes, il est donc crucial de s’assurer que l’égalité des sexes est déjà traitée de manière explicite dès les premières étapes de la planification, c’est-à-dire lorsque les priorités communales sont identifiés et discutées », précise-t-elle.

Faisant d’une pierre deux coups, l’ONG CAFE a saisi l’occasion de cette rencontre pour soumettre à validation un document de plaidoyer par rapport aux différentes instances décisionnelles au niveau local. Alors que les femmes sont très peu représentées à la tête des Comités de Développement de Quartier (CDQ), cette organisation souhaite les voir occuper de plus en plus de postes de responsabilités dans ces structures afin de pouvoir mieux parler de leurs besoins.

 « Il faut que les conseillers municipaux travaillent avec les CDQ et recueillir les besoins des femmes par rapport aux différents quartiers afin qu’au moment de  l’orientation budgétaire, elles puissent verser ces doléances pour que les femmes soit vraiment prise en compte à tous les niveaux possibles dans la gestion de leurs communes », conseille la responsable de l’ONG CAFE.

Cet atelier, il faut le rappeler, vient contribuer à l’atteinte de l’équité/égalité genre inscrit au cœur du Plan National de Développement (PND), des Objectifs du Développement Durable (ODD) et du plan d’action de Beijing.

 

Créée en février 2004, l’ONG CAFE est une organisation de jeunes femmes qui a pour vision d’œuvrer pour une société dans laquelle toutes les femmes et leurs enfants s’épanouissent, jouissent pleinement de leurs droits et participent activement à leur propre développement et à celui du Togo.

Jean de Dieu SOVON