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(Société Civile Média) – Le statut de Mme AGBEDZI Aku Egnonam est l’un des moins courants dans la sphère socio-politique togolaise. À la fois reine- mère et Maire de la commune de Kpalimé, elle utilise sa position pour travailler en faveur du développement de sa communauté et de l’épanouissement de la femme rurale.

Atypique ! C’est à ce mot que se résume la carrière de Mme AGBEDZI . À 69 ans, elle représente  un double autorité, traditionnelle et politique. Pour cette enseignante de profession, ce n’était pourtant pas évident, lorsqu’elle quittait sa terre natale pour le Ghana après son cycle primaire.

C’est là que se déroulera tout son cursus universitaire. Porté très tôt par les rôles de leadership, elle opte pour une formation en sciences de l’enseignement. Sa carrière d’enseignante s’est ainsi forgée. Son avenir politique aussi.

Du métier d’enseignant à la profession de Maire

De retour au Togo, le militantisme de cette mère de famille au sein du Rassemblement du Peuple Togolais ( parti au pouvoir d’alors devenu aujourd’hui UNIR) se fait remarquer.

« J’étais très proche du clan du pouvoir, je participais à toutes les activités du parti dans la localité. Compte tenu de ma dévotion,  le feu président Gnassingbé Eyadéma  m’a nommé vice présidente de la délégation spéciale de la commune de Kpalimé en 2001 », confie-t-elle.

Quatre(4)  années plus tard, elle est intronisée reine- mère dans son village.

Un nouveau statut, c’est aussi et surtout de lourdes responsabilités. Mme AGBEDZI veut faire ses preuves. Elle demande une mutation pour être proche de sa localité d’origine alors qu’elle est toujours professeur d’anglais dans un CEG dans la ville de Tsévié.

Après le décès du président de la délégation spéciale en 2013, la vice-présidente devient présidente selon les textes  en vigueur.

Enseigner tout en assurant cette haute fonction devenait difficile. Il fallait raccrocher. Dame AGBEDZI prend une retraite anticipée et se lance de pleins pieds dans le domaine politique et de la chefferie traditionnelle.

« Le grand Kloto à un statut particulier de chefferie. Dans chaque village, à côté du chef, se trouve celle qu’on appelle une reine mère. C’est une femme, également cheffe qui siège aux côtés du chef pour l’aider et l’accompagner dans l’administration des affaires de la localité. J’en suis donc une ».

Pour se voir à cette place, il faut disposer de plusieurs qualités : Être accueillante, avoir le contact facile, avoir une facilité de communication, être ouverte…entre autres.

Autant de qualités qui s’invitent dans la gestion de la commune. Un double avantage pour Mme AGBEDZI.

« Être la première magistrate de la commune, est très complexe. Je dois coordonner plusieurs choses à la fois. Je suis l’instigatrice des dépenses, je dois élaborer des budgets et veiller au recouvrement des taxes , veiller à l’exécution des  décisions du conseil de la mairie, veiller au respect et à l’ordre citoyen et élaborer des projets de développement pour la commune », énumère-t-elle.

En marge de cette double coordination, d’autres obligations s’ajoutent au palmarès de la Maire de Kpalimé : présidente des femmes reines- mères des 4 préfectures du grand Kloto, et  membre du CNLS.

Face au devoir professionnel, il faut veiller au grain. Aku Egnonam AGBEDZI  le sait, elle s’y est préparée  et fait des concessions. « En tant que femme à la tête de plusieurs hommes, j’agis avec tact, et j’adopte une attitude d’humilité.  Oui, j’ai besoin de tout le monde pour faire développer ma communauté», fait elle remarquer.

Toutefois, pour cette première responsable femme de la commune de Kpalimé,  il faut briser les règles sociales établies.

Hommes ou femmes aux commandes, le débat ne se pose pas, il faut juste viser les résultats, selon Mme AGBEDZI. Elle s’enorgueillit d’ailleurs d’être un exemple de leader pour sa communauté et invite les femmes qui veulent suivre ses pas à rayonner de ce charisme.

Elle  le dit sans complexe, « elle fait fi des commentaires »  et dit être préoccupée à faire avancer sa commune.

Pour elle, le développement de la femme, surtout de la rurale, est importante. Il faut que la femme rurale participe à la vie et au développement de sa communauté, c’est l’un des combats qu’elle mène.

Mme AGBEDZI se félicite en ce sens, d’avoir œuvré pour doubler  le budget annuel alloué à  la mairie de Kpalimé qu’elle consacre essentiellement au droit des enfants et à l’autonomisation de la femme.

Pour ses nombreux services à l’endroit de sa communauté et du pays, elle a été décorée de l’ordre Nationale de mérite par le chef de l’Etat togolais en 2017.

Edem PEDANOU

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