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(Société Civile Média) – Promouvoir l’égalité de genre passe aussi par le développement de cette notion dans les ménages. Et qui, mieux que les parents, pour jouer ce rôle. Initiative Féminine pour le Développement (IFD) l’a compris. Dans le souci de mieux outiller les parents ou tuteurs dans leur mission d’éducateur, cette association a organisé à leur intention une formation sur le thème « Genre et Education ».

La formation, tenue le 11 décembre dernier au siège de l’Association togolaise de marketing social (ATMS), a été organisée à l’endroit des parents des enfants bénéficiaires  du projet dénommé « Appui à l’Education et à la Prise en charge psycho sociale des Enfants séropositifs Démunis au Togo » (AEPESD) initié par IFD. Elle a été faite par Sylvie Akofa AKPADJAVI, Consultante en genre, sollicitée par IFD en tant que formatrice principale.

Elle visait à renforcer les capacités des participants en intégrant le genre dans les questions du système éducatif et dans leur culture organisationnelle.

« Comme nous sommes une organisation féminine, nous avons voulu une fois de plus mettre l’accent sur les différences en matière de genre au niveau de l’éducation qui empêchent ou freine les jeunes filles dans leur scolarisation », explique Totine KOLANI, Directrice exécutive de l’association.

La rencontre a donc été pour IFD l’occasion de conduire les participants à réfléchir sur ce qu’ils entendent par sexe et genre pour augmenter leur niveau de connaissance de la notion. Elle a également permis à l’association d’aider les participants à reconnaître et à interpréter la violence basée sur le genre comme étant une forme grave de discrimination.

Echanges entre les responsables d’IFD et les participants à la formation

Les participants ont par ailleurs été éclairés sur la façon dont l’éducation, l’économie et la politique peuvent contribuer à pérenniser les stéréotypes basés sur le genre et la discrimination basée sur le genre. En somme, la formation a permis de clarifier les mythes et les doutes sur la violence axée sur le genre.

« Nous leur avons expliqué ce que c’est que le sexe et le genre et avons mis l’accent sur les stéréotypes qui sont basés sur l’éducation culturelle. Nous leur avons montré comment la société a institué un certain nombre d’idées reçues qui constituent des freins et des blocages à l’éducation de la jeune fille », indique Mme KOLANI.

Les parents et tuteurs présents à la formation ont donc été convié à changer leur façon d’éduquer les enfants, surtout en ce qui concerne les stéréotypes basés sur le genre, afin d’impacter plus la nouvelle génération.

Par ailleurs, les images et vidéos projetées au cours de la formation ont permis de susciter chez les participants beaucoup de partages d’expériences et de témoignages poignants, surtout chez les parents qui ont, dans le passé, été victimes de préjugées.

Un changement de comportement ?

C’est en tout cas ce qui semble se dégager des propos tenus par les parents et tuteurs après cette formation. Tout en reconnaissant que leurs garçons ont toujours été mieux traités ou privilégiés que leurs filles en ce qui concerne la répartition des tâches ménagères par exemple, certains participants se sont résolus à faire les choses autrement après cette avoir participé à la rencontre.

Lors des projections d’images et de vidéos

« La formation m’a plu dans la mesure où elle m’a ouvert les yeux sur certaines réalités. Il est vrai, et je ne mentirai pas, que nous confions plus de tâches domestiques à nos filles qu’à nos garçons. Ce qui fait parfois qu’au moment où le garçon est en train d’apprendre, la fille, elle, est toujours occupée à travailler à la cuisine ou à faire autre chose. Avec cette formation, j’ai compris qu’une bonne répartition des tâches entre les enfants peut arranger tout le monde et ainsi permettre à nos filles d’avoir plus de temps pour les études », indique Afi TCHAMINA, une des participantes à la formation.

« Personnellement, je ne savais pas que les filles et les garçons devraient être éduqués de la même façon. Cette formation m’a donc ouvert les yeux dans la mesure où chez moi, les garçons aussi s’occupent des tâches ménagères, mais ne sont pas aussi occupés que les filles. Désormais je saurai comment procéder lorsqu’il s’agira de répartir les tâches », fait savoir Jeanne TCHILEPE, une autre participante.