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(Société Civile Média) – Au Togo, 20 organisations de femmes et de jeunes reparties sur l’ensemble du territoire national et regroupées en une plateforme, se mobilisent pour une meilleure représentativité des femmes et des jeunes au niveau des postes décisionnels. Elles ont, depuis le mois de juillet, lancé un plaidoyer dans ce sens et saisit par courrier le chef de l’Etat pour attirer son attention sur la question. Tout en se réjouissant de la nomination, lundi 28 septembre, de Victoire Tomegah-Dogbé au poste de Premier ministre, elles interpellent désormais les autorités sur la nécessité de réserver un minimum de quota aux femmes et aux jeunes au prochain gouvernement.

D’après Nora Dado Amedzenu-Noviekou, coordinatrice de WANEP-Togo, une des 20 OSC initiatrices du plaidoyer, la nomination de Mme Tomegah-Dogbé est historique dans la mesure où depuis des années, le poste de Premier ministre n’a été occupé que par des hommes. Et d’ajouter que cette nomination répond également à l’esprit de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies qui encourage entre autres la participation des femmes aux instances de prise de décision. « Le Togo ayant validé un Plan d’action national sur les résolutions 1325 et suivantes sur la période de 2018-2022 en faveur de la représentativité des femmes et des jeunes, cette nomination ne vient que répondre à l’engagement qu’il a pris », indique Mme Amedzenu-Noviekou.

La Plateforme à l’Assemblée nationale, avec la présidente Yawa TSEGAN

« C’est avec plaisir que nous avons appris cette nomination. Ce sentiment est d’autant plus renforcé qu’elle fait suite à l’élection de la première femme présidente de l’Assemblée Nationale », se réjouit de son côté Michelle Aguey, Secrétaire Générale du Groupe de réflexion et d’action Femme, Démocratie et Développement (GF2D), une autre organisation membre de la plateforme. Elle espère que les expériences de Mme Tomegah-Dogbé aux Nations Unies, dans les précédents gouvernements et au cabinet de la présidence de la République lui permettront de s’attaquer rapidement aux dossiers essentiels pour le bien-être de la majorité des Togolais.

Avec la ministre de l’Action sociale

Alors que les femmes sont moins en vue dans les instances décisionnelles, on espère à WANEP-Togo que la nomination de l’ex-ministre du Développement à la base contribuera à avoir un autre regard sur les potentialités et les capacités de la femme.

Le plateforme avec le directeur de la jeunesse

35% de femmes et 15% de jeunes dans le prochain gouvernement

Au-delà de cette nomination, les 20 OSC plaident pour une meilleure représentativité des femmes et des jeunes dans le prochain gouvernement.

En effet, au Togo, le bilan de la mise en œuvre de la plateforme d’action de Beijing, 25 ans après la Conférence mondiale sur les femmes, révèle des avancées en ce qui concerne la représentativité des femmes et des jeunes dans les instances de prise de décision. Toutefois, les résultats des efforts consentis sont en deçà des pourcentages recommandés par les cadres juridiques et politiques auxquels le Togo est parti.

Dans le courrier adressé au chef de l’Etat, les organisations de la plateforme exhortent ce dernier à accentuer les efforts en vue de la réservation d’un quota de 35% aux femmes et 15% aux jeunes dans la nouvelle équipe gouvernementale.

« Le développement de chaque Etat repose sur le potentiel de toutes les composantes de sa société. Il est donc important, voire indispensable que les hommes, femmes et jeunes puissent participer à la prise de décision dans notre pays », estime Michelle Aguey du GF2D.

Chez le NET

Pour Emmanuel Yaovi Assogbavi, vice-président régional YMCA-Togo (Union Chrétienne des Jeunes Gens), avoir des jeunes au sein du prochain gouvernement permettra d’aller vite et de résoudre de manière rapide et efficace leurs problèmes.

« Il faut donner la chance aux jeunes d’être impliqués dans les instances de prise de décision. Ça permet aussi d’éviter un éternel recommencement. En prenant l’exemple de l’Agenda 2063, on se rend compte que les leaders d’aujourdui ne seront plus aux affaires en 2063. Si les politiques publiques sont conçues aujourd’hui sans l’implication des jeunes, ces derniers auront tendance à tout remettre en cause une fois qu’ils seront aux affaires. Il faut donc impliquer les jeunes pour qu’ils aient leur mot à dire », explique M. Assogbavi.

En attendant le dévoilement de la nouvelle équipe gouvernementale, la plateforme des 20 OSC de femmes et de jeunes se réjouit de constater que le plaidoyer enclenché est en train de trouver un aboutissement heureux et espère que le gouvernement Tomegah-Dogbé aura plus de femmes et de jeunes contrairement aux gouvernements précédents.

Chez le PDP

Dans le cadre de ce plaidoyer, des acteurs suivants ont été rencontrés par ladite plateforme au cours du mois d’août: les présidents des partis le Nouvel Engagement Togolais (NET) et le Parti Démocratique Panafricain (PDP), la présidente de l’Assemblée nationale, la ministre de la Promotion de la femme, le directeur de la jeunesse.

La plateforme, il faut le rappeler, est composée des organisations suivantes : WANEP-TOGO, GF2D, ACDIEF, AGPEF, ALAFIA, ALAFIA JEUNES, ALERE YIKE, CACIT, CAFE-TOGO, COFET, COLOMBE, ECHOPPE TOGO, GIRLS MOTION, PPDC AFRICA, REFED SAVANES, REPSFECO TOGO, SOURIRE ENSEMBLE, WILDAF TOGO, YMCA ET ZONTA CLUB.