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(Société Civile Média) – Un grand nombre des impacts du COVID-19 touche surtout les femmes, le constat est fait par ONU Femmes qui en a donné les raisons. Pour l’Entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, des voix ont signalé les impacts de la maladie sur les femmes, mais les préoccupations de genre n’influencent pas encore les décisions prises, principalement par des dirigeants masculins.

D’après ONU Femmes, quatre raisons principales expliquent pourquoi les impacts du COVID-19 touchent surtout les femmes.

Tout d’abord, avance l’institution, alors que les impacts socioéconomiques sont graves pour tout le monde, ils le sont davantage pour les femmes. Un grand nombre de secteurs de l’économie formelle directement affectés par les quarantaines et les confinements (voyages, tourisme, restaurants, production alimentaire) ont une main-d’œuvre féminine très élevée. De plus, les femmes représentent un fort pourcentage de l’économie parallèle, sur les marchés et l’agriculture informels du monde entier. Dans les pays développés et en voie de développement, beaucoup d’emplois des secteurs informels (ménage, soins à la personne) sont occupés principalement par les femmes qui, généralement, n’ont pas d’assurance maladie et aucun filet de sécurité sociale. 

Qui plus est, souvent, les femmes ont davantage de responsabilités sociales. En moyenne, les femmes accomplissaient chez elles trois fois plus de tâches non payées que les hommes, avant le COVID-19. À présent, les employées du secteur officiel qui ont des enfants doivent jongler avec une ou plusieurs des responsabilités suivantes (si elles les ont encore) : leur emploi (si elles l’ont conservé), la garde des enfants, l’instruction à la maison, les soins aux personnes âgées et le ménage. Les foyers dirigés par une femme seule sont particulièrement vulnérables.

Ensuite, la crise a un impact sur la santé et la sécurité des femmes. Mis à part les impacts directs de la maladie, les femmes peuvent avoir des difficultés à accéder à des services de santé maternelle dont elles ont bien besoin, étant donné que tous les services sont dirigés vers les besoins médicaux essentiels. La disponibilité de la contraception et des services pour d’autres besoins peut être perturbée. La sécurité des femmes est également affectée. Les conditions nécessaires pour lutter contre la maladie (l’isolement, la distanciation sociale, les restrictions sur la liberté de circulation) sont précisément, de manière perverse, celles qui créent des situations idéales pour les agresseurs. 

Troisièmement, la majorité des professionnels de santé en première ligne (notamment les infirmières) sont des femmes, ce qui accroît leur risque d’infection. On estime à environ 67 pour cent le nombre de femmes parmi les professionnels de santé. Ainsi, bien qu’il faille faire attention à la sécurité de TOUS les donneurs de soins, il faut accorder une attention particulière aux infirmières et prestataires de soins féminines, non seulement dans l’accès aux équipements de protection individuelle comme les masques, mais aussi à d’autres besoins, comme les protections hygiéniques menstruelles, qui peuvent être facilement ignorés, par inadvertance, mais sont essentiels pour que les femmes puissent se livrer à leur travail correctement. 

Enfin, il est frappant de constater combien de décisionnaires clés dans le processus de conception et de mise en œuvre de la réaction à la pandémie sont en fait des hommes. Quand on allume la télévision, n’importe où dans le monde, on voit un océan d’hommes. Ce n’est pas surprenant, étant donné que les femmes n’ont toujours pas la même faculté de participation que les hommes dans les grandes organisations décisionnaires (gouvernements, parlements, cabinets et grandes entreprises). À travers le monde, seuls 25 pour cent des parlementaires sont des femmes, et moins de 10 pour cent des chefs d’État ou de gouvernement sont des femmes. Bien que nous ayons quelques exemples éloquents de femmes à la tête des États ou des gouvernements, les femmes brillent par leur absence dans les forums décisionnaires sur cette pandémie.