(Société Civile Média) – Au Burundi, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un partenariat de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la FIDH, se dit préoccupée et réagit alors que s’est ouvert, mardi 4 février, le procès d’Armel NIYONGERE (photo) et de 11 autres défenseurs des droits de l’homme devant la Cour suprême de ce pays.

Les douze défenseurs sont poursuivis dans le cadre du dossier dit RPS 100 pour « insurrection » et « organisation d’un coup d’Etat ». Ils sont en effet accusés d’avoir « directement pris part à l’exécution et/ou coopéré directement à l’exécution de l’attentat dont le but était de changer le régime constitutionnel et d’inciter les citoyens à s’armer contre l’autorité de l’Etat » à Bujumbura les 13 et 14 mai 2015 ; « assassiné des militaires, policiers et civils »; et « méchamment détruit et dégradé plusieurs édifices ».

Le procès s’est ouvert alors que les 12 accusés ont été tous contraints à l’exil suite à la grave crise qu’a connu le Burundi en 2015. « En raison de cet exil, les accusés n’ont pas été auditionnés par le procureur, et ils sont dans l’impossibilité de comparaître physiquement devant la Cour suprême du Burundi. Par ailleurs, aucun avocat burundais n’a accepté d’assurer leur défense par peur de représailles », indique l’Observatoire qui estime que le procès à leur encontre n’est pas en mesure de garantir leurs droits de la défense et à un procès équitable.

L’Observatoire en appelle donc aux autorités burundaise et leur demande de mettre un terme à tout acte de harcèlement, y compris au niveau judiciaire, à l’encontre des douze défenseurs mentionnés ci-dessus et de l’ensemble des défenseurs des droits humains au Burundi. Il convie également le Burundi à se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à ses articles 1, 5 (b) et 12.2, ainsi qu’aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par le Burundi.

Mardi 4 février, le Groupe d’Intervention Judiciaire SOS-Torture Afrique et l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) ont adressé une lettre ouverte au Président de la Cour suprême du Burundi sur l’irrégularité du procès contre les défenseurs des droits de l’homme burundais.

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