(Société Civile Média) – Le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) partage son expérience en matière de suivi de la mise en œuvre des recommandations du Comité contre la torture (CAT) avec les acteurs étatiques et la société civile béninoise. Du 3 au 7 février 2020, Ghislain NYAKU, Directeur exécutif de cette organisation, était à Cotonou en qualité d’expert invité dans le cadre d’une mission visant à assurer les recommandations portant sur la protection des enfants contre la torture et les mauvais traitements.

La mission a été initiée par l’ONG Enfants Solidaires de l’Afrique et du Monde (ESAM) et son partenaire l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT). Elle avait pour objectif de réfléchir de façon plus stratégique à la mise en œuvre des recommandations du CAT, en particulier celles destinées à la protection des enfants contre la torture et les mauvais traitements, et de travailler avec les autorités béninoises pour la mise en œuvre concrètes des mesures préconisées par le CAT de façon la plus pertinente possible.

Une journée nationale de consultation organisée le 6 février dans le cadre de cette mission, a permis de rassembler les acteurs et parties prenantes concernées, et notamment les autorités gouvernementales, les institutions de défense des droits de l’homme, les agents de l’ordre judiciaire et juridique, et les organisations issues de la société civile, dans le but de discuter et définir une stratégie permettant la mise en œuvre des recommandations du CAT au Bénin, en portant une attention particulière sur les recommandations portant sur la protection des enfants contre la torture et les mauvais traitements.

Ghislain Nyaku lors de sa présentation

Se basant sur l’expérience du Togo, le Directeur exécutif du CACIT a éclairé les participants à la rencontre sur le plan d’action pour le suivi et la mise en œuvre des recommandations en questions.

« Sur la base de l’expérience du Togo, nous leur avons fait des propositions pour l’amélioration des stratégies et plans d’action pour la mise en œuvre des recommandations du CAT. Une seconde rencontre en présence des acteurs étatiques a permis de faire le point et de s’accorder sur les stratégies et d’adopter un plan d’action de suivi en vue du bien-être des enfants au Bénin », explique Ghislain GNAKU.

Des avancements constatés depuis 2019

La dernière mission de l’OMCT au Bénin a été effectuée en février 2019. Cette mission incluait des visites de surveillance de prisons, des rencontres avec les autorités (Ministère de la Justice et Ministère de l’Action Sociale), ainsi qu’un atelier de formation à la soumission de rapports alternatifs au CAT et de préparation de l’examen du Bénin par le CAT. Depuis, deux impacts concrets ont été identifiés par l’organisation. Il s’agit, d’une part, de la réhabilitation du quartier des mineurs de Cotonou entreprise pendant l’été 2019, via la construction de sanitaires, quelques semaines après que les conditions de détention des enfants dans la capitale aient été soulevées au cours de l’examen de l’État par le CAT.
D’autre part, le partenaire de l’OMCT, l’ESAM, s’est vu attribuer une autorisation de visite des lieux de détention de six mois, alors que l’autorisation avait été ramenée d’un an à trois mois l’année d’avant. La mission de février 2020 a donc été pour l’OMCT et l’ESAM l’occasion de visiter le quartier des mineurs de la prison de Cotonou et d’échanger avec l’Assistante sociale de ce lieu de détention.

Bref aperçu sur l’OMCT et l’ESAM

L’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) fut fondée en 1985. Basée à Genève, et travaillant de concert avec son large et actif réseau SOS-Torture dans plus de 90 pays, l’OMCT compte parmi les plus importantes organisations issues de la société civile, active dans le domaine de la lutte contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants dans le monde. L’OMCT, de par sa mission et son mandat, contribue d’une part, à l’élimination de la torture, des exécutions sommaires,
des disparitions, des détentions arbitraires, et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. D’autre part, elle apporte une protection aux victimes potentielles et avérées, en partenariat avec son réseau mondial d’organisations issues de la société civile solidaire.

Enfants Solidaires d’Afrique et du Monde (ESAM) est une organisation non-gouvernementale travaillant au Bénin qui a pour but de promouvoir le développement de l’enfant en luttant pour sa survie, sa santé et son éducation et contre le travail, les mauvais traitements et le trafic des enfants. ESAM organise notamment des programmes de formation des ONG relativement aux droits des femmes et des enfants en matière de santé, d’éducation et de nutrition.