(Société Civile Média) – Le film documentaire est intitulé « Silence brisé ». Ses témoignages portaient sur les violences sexuelles subies par certaines filles, notamment le viol. Des témoignages à la fois poignants et choquants qui ôtaient toute envie de suivre la projection jusqu’au bout. Mais pour le mouvement ‘One Billion Rising Togo’ (OBR Togo), il fallait projeter ce film pour amener les victimes de viol et autres abus sexuels à en parler afin de se libérer et de se donner les moyens de refaire leur vie. Cette projection, qui s’est déroulée le vendredi 7 février à Lomé, lançait également les activités 2020 du mouvement.

La projection a été suivie d’un débat qui a permis aux participants à la rencontre de discuter sans tabous de sujets liés aux violences que subissent les filles et les femmes, plus particulièrement les violences sexuelles. Une thématique sur laquelle OBR Togo envisage mener des actions cette année pour contribuer inclusivement et efficacement à la lutte contre ce phénomène au Togo.

Briser le silence, c’est se libérer

« Ayant été moi-même victime de viol, je sais ce que le silence peut représenter dans la vie d’une personne ayant vécu cet acte. Je sais combien de fois ne pas en parler pendant longtemps peut agir sur la personne qu’on est en train de devenir. Et donc la meilleure façon de s’en sortir ou d’au moins recommencer par vivre, c’est d’en parler, de savoir qu’on n’est pas coupable mais aussi de savoir qu’on n’est pas seul », explique Reyhanath TOURE-MAMADOU, responsable du mouvement OBR au Togo.

Pour cette dernière, le fait pour la victime de se rendre compte qu’elle n’est pas la seule à avoir subi une violence sexuelle contribue à la libérer. D’où l’importance de la projection.

« Souvent, on a l’impression d’être la seule personne à avoir vécu le viol ou un autre type de violence. Et le fait de se sentir seule est ce qui peut amener la victime à se dire qu’elle est différente de tout le monde. Mais si elle se rend compte qu’il y a plusieurs autres victimes, ça lui donne confiance et lui permet d’avancer avec sérénité », confie Mlle TOURE-MAMADOU.

Outre la projection de ce film documentaire, OBR Togo entend, toujours dans le cadre de ses activités 2020, organiser un concours de poésie sur la thématique du harcèlement sexuelle dans les écoles. Ce concours est destiné aux élèves des collèges et lycées des 5 régions du Togo et portera sur des œuvres de poésie et de dessin visant à sensibiliser sur la thématique en question. Les meilleurs poésies et dessins seront primés et valoriser le 15 février, lors de la soirée commémorative du lancement du mouvement OBR. Une soirée qui se fera avec les structure partenaires de OBR Togo en 2019, qui se chargeront de l’organisation du concours dans leurs localités.

Vue partielle des participants à la séance de projection suivie de débat

 

Bref aperçu sur OBR Togo

‘One Billion Rising’ est la plus grande action de masse qui vise à mettre fin à la violence à l’égard des femmes dans l’histoire de l’humanité. La campagne, lancée le jour de la Saint-Valentin 2012, a été lancée comme un appel à l’action fondé sur la statistique stupéfiante selon laquelle une femme sur trois sur la planète sera battue ou violée au cours de sa vie. Avec une population mondiale de 7 milliards d’habitants, cela représente plus d’un milliard de femmes et de filles.

Au Togo, le mouvement a commencé en 2017. Il est donc à sa 4ème célébration. En 2017, elle a été marquée par une grande caravane et session de formation des femmes dans la ville d’Atakpamé (Région des Plateaux). Cela a porté sur les mécanismes juridiques de protection des droits des femmes. En 2018, il y a eu une grande session d’échange et de formation des jeunes filles à l’Université de Lomé (Région Maritime). En 2019, s’est tenue une table ronde avec les organisations qui œuvrent pour les droits des femmes. Un Kermès avec des ateliers de formation et d’information a aussi été organisé dans le centre de lecture d’art et de culture de Sokodé (Régions Centrale).