(Société Civile Média) – Femme engagée qui résiste à toutes les épreuves, Mme Nadou LAWSON, plus connue avec la Synergie des travailleurs du Togo (STT), responsable du Syndicat des services économiques et financiers du Togo, responsable de la fédération des syndicats des services publics du Togo, force l’admiration dans son entourage. Que sait-on réellement de cette femme dynamique qui aime le travail bien fait ? Portrait d’une icône du monde syndicaliste togolais.

Formation d’inspectrice de Trésor, fonctionnaire de l’Etat au Ministère de l’économie et des finances, et Syndicaliste depuis 1984 avec plusieurs formations à la clé, Mme Nadou LAWSON constitue un modèle de femme au Togo. Courageuse, déterminée et battante, celle qui a été coptée par ses collègues de travail comme la personne adéquate à défendre leurs intérêts auprès de l’autorité est devenue une « maman » à tous. « Tout a commencé en 1983, lorsque face à une injustice que devrait subir mes collègues, la nouvelle fonctionnaire que j’étais à l’époque a pris la parole et les a défendu vivement ». Ce sera le premier pas de Nadou LAWSON dans le monde syndical, propulsée sans s’y être préparée. « A l’époque j’ai juste suivi une impulsion. Je ne savais même pas ce qu’était un syndicat. Un an plus tard, le syndicat de notre service devrait renouveler son instance dirigeante, mes collègues m’ont unanimement proposée. C’est là que j’ai pris la mesure de la chose », relate-t-elle.

Une aventure périlleuse, mais passionnante commence ; les formations se sont succédées pour lui permettre de mieux comprendre le monde syndical. Bon gré, mal gré, la jeune fonctionnaire se fraie un chemin. « Je n’ai pas eu du mal à me retrouver. Moins préoccupée à me faire un nom dans le domaine du syndicalisme, je faisais juste ce que mon cœur me dictait », confie-t-elle.

Dans le privé, la hargne syndicale fait place à un tempérament calme. « Je suis une femme douce, mais rebelle face à l’injustice. Lorsqu’il faut défendre une cause juste, je deviens une autre personne », martèle-t-elle.

Au ministère de l’économie et des finances où elle exerce depuis plusieurs années déjà, Nadou LAWSON n’hésite pas à recueillir l’avis de ses collaborateurs avant toute initiative. Un principe de vie qu’elle utilise pour relever le défi syndical, admet-elle : « En tant que Femme syndicaliste entourée d’hommes, je m’efforce de dérouler le nœud coulant qui fédère autour d’une même cause je ne cherche pas à m’imposer à tous ces hommes, je les accompagne et les rassemble. Ca réussit toujours ».

L’épisode STT

Difficile d’évoquer le parcours de la syndicaliste avisée, sans ouvrir une parenthèse sur le dossier de la Synergie des Travailleurs du Togo.

« C’était spontané. A partir de 2010, plusieurs travailleurs dans différents secteurs sont rentrés en grève ; nous avons vite compris que nous voulons presque tous la même chose. En janvier 2013 nous avons jeté pêle-mêle les lignes de conduite pour arriver à nos fins. La Synergie des Travailleurs du Togo est ainsi née ».

Le mouvement s’est intensifié et les polémiques avec. Pour Nadou LAWSON, cela fait partie de la vie syndicaliste. « Les critiques fusent toujours. Pour moi, l’essentiel c’est de rester loyale et engagée. Le reste que dilatoire », lance-t-elle en se convaincant d’une chose. « Il faut avoir des valeurs ».

Le dossier STT n’est pas clos, la fonctionnaire le confirme. Juste une trêve, le temps des discussions, étape incontournable dans le syndicalisme. Si ces dernières années elle semble plus discrète après les mouvements de revendications de 2015-2016, elle n’est pas pour autant au repos. Dans l’attente d’un meilleur aboutissement, Nadou LAWSON émet des souhaits, ou plutôt partage un idéal, son idéal du monde du travail. « J’ai à cœur que les relations syndicales s’assainissent, qu’on se départisse de toute polémique politique et que les hommes et les femmes syndicales s’entendent entre eux pour que le monde du travail devienne meilleur ».

Pour la syndicaliste chevronnée, le syndicalisme a un avenir au Togo et beaucoup de choses se préparent en coulisses. « Après près de 4 ans, les travailleurs veulent des améliorations face au coût de la vie. Mais il va falloir faire les choses autrement. Mener une lutte intelligente et trouver les bons moyens allant en notre avantage », conclut-elle.

Edem PEDANOU (Portrait réalisé dans le cadre du projet « Egbenana » du Pro-CEMA)

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