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(Société Civile Média) – Le constat est de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Selon une étude réalisée en 2017 par cette agence spécialisée de l’ONU, les jeunes représenteraient plus de 35 % de la population au chômage dans le monde. La sous-région ouest-africaine n’est pas épargnée. Sur 3.000.000 de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché régional du travail, seules 900.000 personnes accèdent à un emploi stable et décent. Un véritable fléau pour la région et une préoccupation majeure pour les gouvernants. Toutefois, des mouvements sociaux s’organisent et développent des stratégies pour faire face à ce défi.

L’augmentation du poids démographique des jeunes est une des tendances majeures de la situation socioéconomique de l’ensemble des pays d’Afrique de l’Ouest. Ce poids est actuellement estimé à 33% de la population totale de la région, en considérant comme jeunes les individus de la tranche d’âge 15 – 35 ans.

Cependant, la participation de cette force vive au processus de développement économique et social desdits pays est fortement limitée par un chômage tout aussi massif.

La croissance économique régionale, essentiellement tirée par les exportations de matières premières et par les services, ne crée pas d’emplois suffisants pour absorber les jeunes en situation de chômage ou de sous-emploi. Cette faible capacité d’insertion économique des jeunes par la croissance entraîne des dynamiques telles que l’accélération de l’exode rural et la massification de l’émigration clandestine ; ce qui perturbe gravement les équilibres socioéconomiques des pays et met en jeu la vie même de ces jeunes.

Des stratégies pour endiguer le phénomène

Face à ce constat amer, les mouvements sociaux et autres acteurs au développement dont Solidarité Mondiale (WSM) ne restent pas inactifs. Dans le cadre du programme 2017-2021 WSM-DGD en cours (ce programme fonde la problématique du travail décent sur les objectifs du développement durable contenu dans l’agenda 2030 des Nations Unies, et celui de l’agenda 2063 de l’Union Africaine), l’ONG belge et ses partenaires ont identifié la problématique de l’emploi des jeunes comme un défi majeur et en ont fait une problématique transversale dudit programme. Néanmoins, plusieurs organisations partenaires développent des initiatives sur l’employabilité des jeunes, lesquelles ne sont pas connues par toutes et par tous. C’est dans ce contexte et dans le but de renforcer les actions en lien avec la thématique de l’emploi que le Réseau Zonal Multi-acteurs de Protection Sociale de l’Afrique de l’Ouest (RZMA-PS/AO) avec l’appui de WSM, a organisé du 06 au 10 mai 2019, un atelier sous-régional de partage d’expériences sur l’employabilité des jeunes et des femmes en Afrique. Cet atelier de Lomé a recommandé une restitution au plan national à l’endroit des organisations membres des réseaux nationaux.

Des membres du RNMAPS-Togo formés sur les stratégies d’employabilité des jeunes

Conformément aux recommandations de l’atelier organisé en mai dernier, une rencontre de restitution a été initiée ces 25 et 26 juillet pour démultiplier la formation au sein du Réseau National-Multi Acteurs de Protection Sociale du Togo (RNMAPS-Togo). Elle a réuni les Points focaux et représentants des jeunes de chaque organisation membre du Réseau.

D’après Niwa SOULIMA, Point focal du RNMAPS-Togo, cet atelier de restitution a été pour les participants l’occasion d’échanger sur les causes du manque d’emploi et/ou d’emploi décents pour les jeunes ; d’avoir une bonne connaissance des stratégies et initiatives développées par les organisations partenaires et les Etats, pour l’employabilité des jeunes.

Les participants ont également échangé sur les stratégies prioritaires à développer par les mouvements sociaux, en matière de promotion de l’emploi décents des jeunes au Togo et diffusé la déclaration de Lomé sur l’employabilité des jeunes.