Dontema

Togo-INTERVIEW: Fabienne Dontema « Les organisations à but non lucratif ont un rôle très important à jouer dans la lutte contre le blanchissement de capitaux et le financement du terrorisme »

(Société Civile Média) – Lauréate du concours d’art oratoire sur le phénomène de la corruption organisé en janvier 2017 par l’ONG Alternative Leadership Group (ALG), Fabienne Dontema (photo, au milieu) a représenté le Centre de Documentation et de Formation sur les Droits de l’Homme (CDFDH) à l’atelier de formation sur l’Evaluation Nationale des Risques (ENR) de Blanchissement de Capitaux et de Financement du Terrorisme (BC/FT) tenu à Lomé du 11 au 13 juin dernier. Cette rencontre, à laquelle ont également participé des acteurs de la société civile togolaise, a été l’occasion de former les participants sur les stratégies d’évaluation des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. L’idée était de donner aux participants les outils nécessaires qui doivent leur permettre de jouer efficacement leurs rôles sur le terrain en luttant contre ces deux phénomènes qui représentent aujourd’hui de véritable menaces pour les Etats. Dans cette interview, Fabienne Dontema revient sur les grands points abordés lors de cet atelier. Elle nous éclaire, par ailleurs, sur le rôle de la société civile dans le processus  de l’Evaluation Nationale des Risques. Lisez-plutôt !

Vous avez participé, il y a quelques jours, à une rencontre portant sur la Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme, dites-nous de quoi il s’agit exactement ?

Effectivement, le ministère de l’Economie et des Finances, en partenariat avec la Banque Mondiale et le Cellule Nationale de Traitement d’Informations Financières (CENTIF) ont organisé un atelier sur la Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et Financement du Terrorisme (LBC/FT). Cet atelier s’est déroulé du 11 au 13 Juin 2018 à l’Hôtel Concorde à Lomé. Cette rencontre n’est que la première phase d’un processus qui prendra fin en mars 2019 avec la validation du rapport final de l’Evaluation Nationale des Risques (ENR) de BC/FT du Togo.

Dites-nous précisément dans quel cadre se situe cette activité ?

Il faut d’abord rappeler que le Togo a pris des engagements, entre autres, auprès du Groupe d’Action Financière(GAFI) ou Financial Action Task Force (FATF), qui est un organisme intergouvernemental créé par le G7 et rassemblant des représentants des États membres du G7, de la Commission européenne et de sept autres pays. Ce groupe a été créé en réponse à des préoccupations croissantes au niveau international concernant la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Dans ce cadre, le Togo se doit de faire un état des lieux périodique de la lutte contre le Blanchiment de Capitaux et de Financement du Terrorisme à l’institution internationale compétente. Des dernières recommandations du GAFI, la première porte sur l’Evaluation Nationale des Risques et la 8e est relatif aux Organismes à But Non Lucratif (OBNL).

Les participants au cours des travaux
Au cours des travaux

Qu’est-ce que l’ENR ?

L’ENR est donc un mécanisme processuel qui permet au pays d’évaluer objectivement le niveau de son exposition au risque de BC/FT afin de mettre en place les moyens nécessaires pour lutter efficacement contre ces fléaux.

Quels sont les grands points qui ont été abordés lors de cet atelier ?

Ce qui m’a marqué lors de cette activité, c’est que, dès le départ, les représentants de l’Etat (Ministère de l’Economie et des Finances, CENTIF) et la Banque Mondiale ont insisté sur la nécessité d’accorder du sérieux à cet exercice duquel dépendent la transparence du système financier togolais et la crédibilité du pays auprès d’investisseurs étrangers. Ensuite, une des choses importantes à rappeler, est la diversité des participants. En effet, tous les secteurs de l’économie ou presque ont été représenté dont les acteurs des organisations de la société civile appelée Organisme à But Non Lucratif (OBNL) dans le jargon du GAFI. De même, cet atelier représentait une occasion d’apprendre en ce qui concerne l’Evaluation Nationale des Risques, les méthodes et outils de l’évaluation. Ce dernier point a d’ailleurs fait l’objet d’exercice pratique en présence des experts de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) et de la Banque Mondiale.

Une vue de la salle où s'est tenu l'atelier
Une vue de la salle où s’est tenu l’atelier

Que doit-on alors retenir sur le rôle de la société civile dans le processus de l’ENR ?

On retiendra fondamentalement que, pour un système financier togolais sain et intègre, tous les acteurs du système financier devront être informés des inconvénients du BC/FT et ses répercussions sur la stabilité de l’économie et de la politique dans le pays. Il en ressort que les organismes à but non lucratif, dans ce processus d’ENR, ont un rôle très important à jouer afin de sensibiliser les uns et les autres sur les risques auxquels ils sont exposés et surtout les inconvénients majeurs que cela présente non seulement pour les économies de nos pays mais surtout pour la stabilité de nos Etats. En ce qui me concerne, j’ai un engagement assez jeune dans la société civile. J’y ai débarqué à la faveur d’un concours d’art oratoire sur les questions de corruption, concours organisé par l’association Alternative Leadership Group avec l’appui  de la Cellule Millenium Challenge Account et le Programme des Nations Unies pour le Développement. J’étais l’une des lauréates de ce concours adressé à l’époque aux étudiants des Universités de Lomé. En participant maintenant à cet atelier sur la problématique du blanchiment d’argent, je me vois assez outillée pour que, dès les premiers pas de mon engagement citoyen, je sois en mesure de mieux comprendre ces défis et en tenir compte dans mes actions futures mais aussi dans mes interactions avec d’autres jeunes leaders et d’autres structures.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *