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Togo-FONGTO: Une formation sur la gouvernance à l’intention des OSC œuvrant dans la protection des droits de l’enfant

(Société Civile Média) – Absence ou presque d’Assemblée Générale, Conseil d’Administration réduit à la seule personnalité du président, conflits de leadership, les dysfonctionnements au niveau de la gouvernance font partie des maux qui minent le monde des organisations de la société civile togolaise. Et ils sont souvent à l’origine des anomalies constatées dans le mode de gestion de plusieurs organisations au Togo. Voilà qui a conduit la Fédération des Organisations Non Gouvernementales au Togo (FONGTO) à organiser une formation sur la gouvernance à l’intention des organisations qui œuvrent dans la protection des droits de l’enfant. La rencontre s’est tenu les 13, 14 et 15 décembre dernier à Lomé.

Cette formation visait essentiellement à renforcer les capacités des organisations participantes sur la gouvernance interne. Elle se situe dans le cadre du projet « Suivi des Droits de l’Enfant et Redevabilité de l’Etat au Togo » ou « Child Right Monitoring » (en anglais).
Initiée avec l’appui financier de l’Agence suédoise de développement international, la rencontre a été l’occasion d’analyser la gouvernance interne des OSC ciblées au regard des critères de ‘‘l’outil d’évaluation des coalitions des OSC’’ ; d’analyser le profil de risque des OSC par rapport à la protection de l’enfant ; et de former les organisations participantes sur les éléments basiques de la gouvernance des OSC, en particulier sur les aspects de la légitimité, la diversité, l’efficacité et la transparence.

« Dans certaines organisations, les Assemblées générales ne se réunissent pas. Cela veut dire que l’organe d’orientation et de décision ne fonctionne pas, rendant l’organisation bancale. Un autre constat est que les Conseils d’administration de certaines organisations n’arrivent pas à tenir leur réunion ou se réduisent à la seule personnalité du président. Ce qui fait que ses organisations n’ont pas un organe d’administration. Or, c’est cet organe qui sert de pont entre l’Assemblée générale des sociétaires et l’équipe opérationnelle qui met en œuvre les activités. Une troisième chose qu’on constate également est que les organisations sont confrontées à des conflits de leadership. Le Directeur exécutif ou le Directeur général est trop fort et écrase les Présidents du conseil d’administration ou c’est le contraire ; ou carrément il y a des difficultés à connaître les attributions de pouvoir entre les deux personnes clés de l’organisation », déplore Komi ABITOR, Président de la FONGTO. « Il nous a semblé important d’organiser cette formation non seulement pour sensibiliser les acteurs sur ces questions, mais aussi profiter de l’occasion pour faire un auto-diagnostique de nos organisations et voir comment elles fonctionnent », ajoute-t-il, tout en espérant voir les organisations participantes observer de bonnes pratiques qui permettront d’améliorer leur fonctionnement interne.

Pour que les droits de l’enfant soient avancés, les organisations de la société civile qui travaillent sur ce sujet doivent faire montre d’une certaine assise en matière de gouvernance, estiment de son côté François ALI, Directeur du projet « Suivi des Droits de l’Enfant et Redevabilité de l’Etat au Togo » à Plan International Togo. D’après M. ALI, le travail des OSC œuvrant dans la protection des droits de l’enfant ne peut avoir ni impact, ni influence si elles ont des problèmes liés à la transparence et à la redevabilité.

« Nous avons fait une évaluation institutionnelle de 9 organisations de la société civile pour les droits de l’enfant au Togo, évaluation à l’issue de laquelle il a été constaté que les OSC sont certes engagées pour la promotion des droits de l’enfants au Togo, mais qu’il y a des problèmes qui leur sont inhérents. Ces problèmes sont entre autres le manque de transparence, les querelles internes, l’incapacité technique de ces organisations à mieux s’organiser et à mieux faire leur travail. C’est pourquoi ce projet a pensé renforcer les capacités de ses organisations sur la gouvernance interne », indique François ALI d’après qui il est nécessaire de former les OSC sur ce que c’est qu’une société civile ainsi que les concepts clés liés aux 8 principes d’Istanbul qui sont un ensemble de valeurs communes qui guident le travail développemental des associations partout dans le monde.

Au-delà de cette formation de trois jours, il sera mis en place un mécanisme de coaching des organisations qui y ont participé pour voir dans quelle mesure elles essayent de mettre en application ce qu’elles ont appris. « Comme cela, nous essayerons de les accompagner de manière à les aider à améliorer leur gouvernance interne et pour nous assurer qu’elles sont capables de travailler de façon transparente et légale et dans une certaine légitimité avec leur base », explique M. ALI de Plan International Togo.

Vue partielle des participants au cours de la formation
Vue partielle des participants au cours de la formation

Témoignages de quelques participants

Atsu SENAME, chargé de formation et gestion des connaissances à l’ONG ETD (Entreprises territoires et développement)

« Au cours de cet atelier, j’ai acquis des connaissances en matière de gouvernance, de gestion des OSC. Cet atelier m’a également permis de découvrir enfin les organes d’une ONG ainsi que leur rôle. Il m’a également permis d’améliorer mes compétences dans le domaine de la légitimité d’une organisation et de découvrir les 8 principes d’Instanbul qui sont des principes que chaque organisation devrait avoir à l’esprit dans le montage de tout projet, puisque ce sont ces principes qui régissent la gouvernance des organisations et l’aide publique au développement. Je suis satisfait de tout ce qui a été développé pendant ces trois jours. Nous espérons mettre en application les acquis de cette rencontre une fois de retour dans nos organisations ».

Sidonie LAMKPODJOOU, Point focal protection de l’enfant à l’ONG ADESCO (Appui au Développement et à la Santé Communautaire)

« Au départ quand on nous parlait de cette formation sur la gouvernance, je me demandais ce que c’était. Mais après les thèmes développés durant ces trois jours j’ai retenu beaucoup de choses notamment la représentativité des OSC qui nous permet de voir si les cibles que nous représentons dans nos actions se reconnaissent en nous. J’ai également retenu le principe de transparence qui exige que nous partageons les informations sur ce que nous faisons à tous les niveaux notamment au niveau des cibles, des partenaires, au sein de notre structure et au niveau de l’Etat. L’aspect qui m’a aussi marqué est celui lié à la redevabilité qui m’a permis de savoir qu’il faut rendre compte de tout ce que nous faisons au sein de nos organisations. Tout cela ajouté aux notions de gouvernance interne m’ont apporté un plus. Je ne peux que saluer les initiateurs de cette formation qui est venue à point nommée pour nous apporter des éclaircissements dont nous tiendrons compte au niveau de notre organisation ».

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