mendiant

Mendicité: Comment défendre les droits des enfants ?

(Société Civile Média) – Phénomène existant depuis belle lurette dans nos différentes communautés, la mendicité est devenue une banalité sociale dans nos villes depuis quelques années. En effet, la propension à la mendicité dans la population infantile et juvénile augmente quotidiennement. C’est le cas dans certains pays comme le Sénégal, la Guinée, la Gambie, des pays où tendre la main aux passants dans l’espoir d’obtenir quelques pièces ou billets est devenu en quelques sorte normal. Il est donc indispensable de connaitre l’ampleur du phénomène, d’en déceler les causes et de savoir de quelles manières peuvent procéder les organisations et institutions afin d’assurer la protection des droits des enfants et de remédier à la situation.

Les causes de la mendicité chez les enfants

Il existe plusieurs causes à la mendicité des enfants: les conditions de vie difficiles aussi bien en milieux ruraux que urbains; l’extrême pauvreté; la croissance démographique; l’inégale répartition des ressources et la non scolarisation des enfants. Dans les pays où le phénomène est très poussé comme le Sénégal, ces différents facteurs conduisent à l’envoi des enfants dans les rues afin qu’ils mendient pour subvenir non seulement à leurs besoins mais aussi et le plus souvent, à ceux de leur famille.

L’ampleur de la situation

D’après une étude réalisée en 2006-2007 par l’UCW (Understanding Children’s Work) au Sénégal, près de 7600 individus (enfants et talibés de 2 à 15 ans de moyenne d’âge) sont touchés par la mendicité. En 2015, une analyse de la situation des enfants en Guinée a révélé plusieurs catégories dont celle intitulée « les enfants de rue ». Cette catégorie est composée des enfants considérés comme vagabonds et placés en centres d’accueil sur ordre de la Justice et les talibés (garçon âgé de 5 à 15 ans, issu d’une famille pauvre, confié par ses parents à un maître coranique). Ces derniers destinés à apprendre le Coran se retrouvent à exécuter des tâches sans aucun lien avec cet apprentissage. Des tâches comme mendier, voler et travailler afin de ramener de l’argent aux marabouts, leurs maîtres.

talibé-

Comment défendre les droits de ces enfants ?

Il existe plusieurs conventions, lois et traités qui protègent les enfants contre tout abus de leurs droits. La Convention Internationale des Droits de l’Enfant a établi des principes fondamentaux que la mendicité transgresse dans toutes les formes: Le droit à la santé (vie, survie et développement… Il est précisé dans les articles 24 Santé et nutrition, hygiène et salubrité), le droit à l’éducation sur la base de l’égalité des chances, l’enseignement primaire doit être obligatoire et gratuit, l’enseignement secondaire accessible à tous, dans le respect de la dignité de l’enfant et le droit à la protection.

En outre, concernant le travail des enfants, il existe des codes comme le C82 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur les pires formes du travail des enfants et le C138 sur l’âge minimum d’accès à l’emploi qui interdisent le travail des enfants. Avec tous ces instruments, les ONG, l’Unicef et les institutions nationales peuvent travailler à réduire le taux de mendicité des enfants dans les rues et en même temps œuvrer pour le respect de leurs droits.

Il ressort de cette petite analyse qu’il y a un fort taux de mendicité infantile dans les pays africains, le taux étant plus fort dans certains pays que dans d’autres. Il existe des moyens efficaces permettant aux autorités de régler ce problème en arrêtant ceux qui envoient ces enfants à la mendicité, ceci afin de mettre en pratique les principes fondamentaux qu’a érigé la CIDE (Convention Internationale des Droits de l’Enfant).

Par Aurore Amouzou

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *