Samir Abi

Togo: Kémi Séba refoulé, le coup de gueule d’un acteur de la société civile

(Société Civile Média) – Son discours est franc, direct et sera peut-être jugé très dur. Mais il reflète le degré de la colère que l’homme a ressenti après l’interdiction faite à Kémi Séba d’entrer sur le territoire togolais le 7 août dernier, alors que l’activiste était attendu à Lomé pour animer un meeting contre la Françafrique. 

«Une grande honte m’envahit à la lecture de tous ces journaux qui titrent sur le refoulement à la frontière togolaise de l’activiste Kémi Séba », écrit Samir Abi, directeur exécutif de l’Ong « Visions Solidaires » et acteur de la société civile togolaise, qui ne comprend pas cette décision prises par les autorités togolaises au nom de la protection de l’ordre public. 

«J’ai honte pour ce pays de liberté et de patriotisme comme l’indique la devise togolaise dont les valeurs sont foulées au pied au nom de la défense de l’ordre public », clame-t-il. Et de poursuivre:  «Honte de nos dirigeants et de leur discours sur l’intégration africaine qui ne permettent pas à des Africains, fussent ils de la diaspora, d’exprimer leur panafricanisme. Honte pour les citoyens togolais qui ont lutté pour faire affirmer le droit à la liberté d’expression sur la Terre de nos aïeux. Par cette décision, les dirigeants togolais ont encore une fois renié notre histoire face au Franc CFA marquée par la décision émancipatrice du Président Sylvanus Olympio en 1963, le discours historique de Gnassingbé Eyadéma face à Pompidou en 1972 et le combat actuel repris par bien d’autres dont l’économiste Kako Nubukpo ».

«Le discours de Kémi Séba contre la France-Afrique et le Franc CFA gêne-t-il réellement l’ordre public au Togo ou l’ordre établi par la France dans ses colonies éternelles d’Afrique noire francophone ?», s’interroge Samir Abi qui estime que, par le refoulement à la frontière de Kémi Séba, les autorités togolaises ont montré que leur leur intérêt est celui de la France et non des citoyens togolais.

« La nuit est encore longue, chers citoyens togolais, mais le jour vient où on se dira vraiment libre de toutes nos chaines physiques et mentales », conclut-il.

 

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