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Togo : Putsch au Burkina et affaire Bolloré, « Togo Debout » demande des comptes au gouvernement

(Société Civile Média) – Cité récemment dans l’affaire du coup d’Etat de septembre 2015 au Burkina Faso, le Togo fait de nouveau la Une des médias nationaux et internationaux depuis l’ouverture, en France, d’une information judiciaire contre le groupe Bolloré et ses premiers responsables et portant sur des soupçons de « corruption d’agents publics étrangers » dans le cadre de l’obtention de terminaux à conteneurs sur les ports de Lomé et Conakry. Alors que les autorités guinéennes ont promptement réagi à cette affaire, celles du Togo restent toujours silencieuses. Estimant que ces deux affaires écornent le nom du Togo au plan  national et international, le Front Citoyen Togo Debout (FCTD) exhortent le gouvernement togolais à éclairer l’opinion sur ces deux sujets. Voici l’intégralité de leur déclaration.

DECLARATION

Le Front Citoyen « Togo Debout » Interpelle les Premières

Autorités Togolaises sur les Affaires du Putsch manqué au

Burkina Faso et du Groupe Bolloré

 

  1. Le 16 septembre 2015, des éléments du Régiment de Sécurité́ Présidentielle (RSP), l’ancienne garde rapprochée du président déchu Blaise Compaoré, constitués en Conseil National pour la Transition (CNT), avec à sa tête le Général Gilbert Diendéré, ancien chef d’Etat-major de Blaise Compaoré́, avaient tenté de renverser, par un coup d’Etat, le gouvernement de transition piloté par le président Michel Kafando et le Premier ministre Issac Zida. Le bilan a fait une quinzaine de morts et 114 blessés. Plusieurs personnes ont été interpellées dont les Généraux Djibril Bassolé et Gilbert Diendéré.

Le 21 mars 2018, le procès s’est ouvert devant la justice militaire à Ouagadougou. Des pays de la sous-région, dont le Togo, sont accusés d’avoir fourni des moyens aux putschistes. L’implication du Togo transparaîtrait dans les dépositions du Général Diendéré qui affirme s’être adressé au Colonel MASSINA, Directeur Général de la Gendarmerie, pour récupérer le matériel militaire ayant servi au putsch.

 

  1. Le mardi 24 avril 2018, la justice de Nanterre ouvre une information judiciaire contre le groupe Bolloré et ses premiers responsables et portant sur des soupçons de « corruption d’agents publics étrangers » dans le cadre de l’obtention de terminaux à conteneurs sur les ports de Lomé et Conakry, en 2009 et 2010. Il leur est reproché d’avoir sous-facturé des prestations de Havas, la branche communication du Groupe, délivrées à des dirigeants guinéens et togolais en vue de faciliter par la suite l’obtention de des concessions. L’information a pour but de déterminer si le groupe Bolloré a utilisé son bras publicitaire Havas pour faciliter l’obtention de la gestion des ports de Conakry en Guinée et de Lomé au Togo.

 Ces deux affaires qui continuent de faire la une des médias nationaux et internationaux, et objet de grands débats dans l’opinion générale, donnent une mauvaise presse de notre pays le Togo sur l’échiquier nationale et international, alors qu’aucune réaction officielle du gouvernement togolais n’est intervenue pour éclairer les citoyens et l’opinion publique.

 Le Front Citoyen « Togo Débout » interpelle instamment les premières autorités togolaises, en particulier la présidence de la République et le gouvernement togolais quant à leur obligation d’éclairer les citoyens togolais et l’opinion publique nationale et internationale sur ces deux affaires qui écornent et strient l’image de notre pays aux plans national et international. Il en va grandement de leur probité, de leur intégrité et de leur crédibilité aux yeux de la communauté nationale et internationale.

 

Fait à Lomé, le 25 avril 2018

Le Front Citoyen « Togo Debout »

 Professeur David Ekoué DOSSEH

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