LCT

Togo: La LCT réclame des poursuites contre les « voleurs » des 600 millions de la CAN 2017

(Société Civile Média) – Pour la Ligue des Consommateurs du Togo, l’affaire des 600 millions disparus dans le budget alloué à la sélection togolaise pour la CAN 2017 est loin d’être terminée. Dans une déclaration rendue publique ce lundi et dont l’Agence Société Civile Média a obtenu copie, cette organisation réclame une poursuite judiciaire contre « les auteurs et complices de ces malversations ». Lire la déclaration.

Déclaration de la ligue des consommateurs du Togo relative à la publication du rapport de la CAN 2017 et a l’alerte des consommateurs concernant la prolifération des produits impropres à la sante. La Ligue des Consommateurs du Togo (LCT) se prononce en ce jour sur la mauvaise gestion des fonds de la CAN 2017 et la situation de certains produits de consommation en cette fin d’année.

En effet, dans le domaine du football, le compte de la CAN Gabon 2017 rendu public le 28 novembre 2017 fait une fois encore état de graves irrégularités dans la gestion des dépenses notamment l’absence de reçus attestant certaines dépenses engagées, des écarts constatés entre les dépenses déclarées et celles réellement engagées, la reprise des dépenses déjà pris en compte par l’État et la violation des règles de la passation des marchés publics. Au total, plus de 600 millions de nos francs ont été détournés. C’est ce qui ressort de l’exposé de Madame BITHO, représentante du cabinet International Investiment Corporation (IIC). Cette nième malversation survient en dépit des avertissements du ministre des sports Guy Madjé Lorenzo à l’égard des acteurs de malversations financières et qui font d’interminables rondes autour du football togolais. Personne n’oublie les promesses tenues par ce dernier le 29 décembre 2016, jour de la levée d’un coin du voile sur la calamiteuse gestion des fonds de la CAN Afrique du Sud 2013. À savoir la transparence et la rigueur qui caractériseront dorénavant la gestion des dépenses des compétitions à venir. Promesses qui d’ailleurs avaient permis aux togolais de faire à nouveau confiance à la nouvelle équipe de mobilisation des fonds et de mettre la main à la poche. Hélas, les avertissements du ministre étaient loin de dissuader les pilleurs. Il s’ensuit ce nouveau crime économique commis à l’endroit des togolais.

Pour la LCT, ces comportements ont cours dans notre pays parce que l’impunité y est érigée en mode de gouvernance. Dans un tel pays, point besoin de s’étonner de la multiplicité des cas de malversations financières.

Il convenait qu’en lieu et place des menaces adressées par le ministre à l’endroit des coupables de crimes économiques, qu’une procédure judiciaire soit engagée à leurs égards. Et justement, l’occasion devrait être saisie l’année dernière pour faire tomber des têtes, ainsi, le même problème ne se reproduirait.

La LCT qui fait de la reddition des comptes son cheval de bataille, a à cet effet adressé de lettre ouverte au Ministre en charge du secteur avec ampliation faite au Président de la Haute Autorité de Lutte Contre la Corruption et les Infractions Assimilées. Elle saisit cette occasion pour exhorter le ministre des sports à sauver la face en allant au-delà de simples condamnations et en engageant une poursuite judiciaire contre les auteurs et complices de ces malversations. Elle convie la société civile à une synergie d’action pour que ce nième crime économique ne reste plus impuni.

La ligue a été saisie de la vente sur le marché, de la boisson de marque KAO Energy Drink dont la date de péremption serait dépassée. Dans ses investigations, elle a pu obtenir les documents d’analyses notamment les certificats de salubrité délivré par l’Institut Nationale d’Hygiène et de l’ITRA auprès de la société importatrice TEREZ SA et de l’autorisation de mise sur le marché du Ministre du Commerce en date 25/09/2017. C’est ainsi qu’elle a pu comprendre que les erreurs ont été commis lors de l’inscription de la date de péremption qui devrait être 2019 au lieu de 2015 inscrite sur la boîte. Le ministère du Commerce par le biais du Directeur du Commerce Intérieur et de la Concurrence a confirmé cette thèse puisqu’il a commandité un test dont le résultat est jugé satisfaisant. La LCT tout en invitant les consommateurs à se débarrasser de la peur sur le produit, invite la société à demeurer vigilante vis-à-vis des consommateurs pour que ces erreurs ne se reproduisent plus.

La LCT continue de faire remarquer aux consommateurs, la poursuite dans notre pays des pratiques prohibées et dangereuses à la santé humaine. Il s’agit de la fabrication et la commercialisation de produits contrefaits, l’importation et la commercialisation des produits alimentaires périmés (le riz, les huiles, les produits en boîtes). Cette réalité doit nous interpeler et nous amener à la vigilance vis-à-vis de tout ce que nous consommons. En effet, dans ses actions de veilles sur les marchés et centres commerciaux, les équipes ont constaté que les commerçants continuent d’exposer des produits périmés pour la vente. Certains d’entre eux changent l’emballage des riz moisis pour tromper la vigilance des consommateurs que ce sont des produits de qualité et pire de riz parfumés. Il en est de même pour les huiles de cuisson où les bidons sont changés.

La lutte pour la protection, la promotion et la défense des consommateurs est parfois mal comprise par certains concitoyens et est parfois sujette à des menaces et intimidations. Malgré cela, la LCT réaffirme sa disponible à servir la cause commune et remercier la population qui demeure sa principale collaboratrice dans cette lutte.

Fait à Lomé, le 18 décembre 2017

Pour la LCT,

Le Président,
Emmanuel SOGADJI

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *