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Togo-crise politique: Le CGDPC déplore les répressions et arrestations « arbitraires »

(Société Civile Média) – Les dernières évolutions de la crise politique que connaît le Togo depuis le 19 août dernier préoccupent au plus haut point le Centre pour la Gouvernance Démocratique et la Prévention des Crises (CGDPC). Dans une déclaration rendue publique ce 19 octobre, cette organisation dit condamner énergiquement « la vague de violence sous quelque forme qu’elle se présente et d’où qu’elle provienne ». Evoquant les manifestations de l’opposition, le CGDPC déplore les « répressions » et « arrestations » qu’il qualifie d' »arbitraires » et appelle le gouvernement à se « mettre dans une posture responsable et digne d’une institution régalienne du 21eme siècle ». Voici en intégralité la déclaration de du CGDPC.

Le Centre pour la Gouvernance Démocratique et la Prévention des Crises (CGDPC) très attaché au respect des valeurs et pratiques démocratiques, déplore la recrudescence de la violence qui marque depuis quelques mois, le climat socio-politique togolais. Face à cette atmosphère de terreur et d’incertitude qui malheureusement devient un terrain fertile à des violations flagrantes des droits de l’homme, le CGDPC, condamnant énergiquement cette vague de violence sous quelque forme qu’elle se présente et d’où qu’elle provienne, interpelle une fois encore le gouvernement sur sa très grande responsabilité dans les dérives éminemment effroyables qui découlent de la crise née des questions de la mise en œuvre des réformes constitutionnelles et institutionnelles.

Le CGDPC tient en effet, à rappeler avec fermeté au gouvernement que la République du Togo est un Etat de droit et par conséquent, force ne peut être qu’à la loi et celle strictement conforme à la constitution. Aussi lui rappelle-t-il que les institutions de la république ne doivent en aucun cas être utilisées à des fins de règlements de compte personnels ou politiques. A ce sujet, le CGDPC condamne les répressions, les interpellations et arrestations visiblement arbitraires des leaders d’opinion ainsi que des manifestants et les violations de domicile devenues courantes sur toute l’étendue du territoire.

Par ailleurs, le CGDPC constate que dans son communiqué du 17 octobre 2017 relatif à l’arrestation d’un imam à Sokodé, le gouvernement rassurait les populations togolaises qu’il « prendra toutes les dispositions appropriées pour assurer la sécurité sur toute l’étendue du territoire national ». Curieusement au lendemain de la publication de ce communiqué, des groupes d’hommes civils armés, pour la plupart cagoulés à bord des pick-up ou des voitures banalisées non immatriculées ou avec les plaques d’immatriculation camouflées s’en prennent non seulement aux manifestants mais aussi font irruption dans les maisons, passent à tabac les occupants et sèment ainsi la terreur, sous le regard complice des forces de défense et de sécurité qui sont présents lors des forfaits. Ceci amène donc le CGDPC à se demander si c’est bien à ces milices qui sèment désolation et terreur partout, que le gouvernement a pensé recourir en parlant dans son communiqué du 17 octobre, de « dispositions appropriées pour assurer la sécurité » des populations ?

En conséquence, le CGDPC rappelle au gouvernement que seul l’Etat détient la force publique et que les opérations de maintien de l’ordre et de la sécurité sont des fonctions qui sont exclusivement de l’attribution de l’Etat et ne peuvent être laissées entre les mains de personnes non identifiées. Ainsi, il demande au gouvernement de prendre ses responsabilités selon les attributions qui lui sont reconnues par les lois de la République afin de mettre fin à cette anarchie et qu’une enquête indépendante soit menée pour que les fauteurs de trouble répondent de leurs actes devant la loi.

En outre, c’est encore le lieu pour le CGDPC de rappeler l’incapacité du Ministre de l’intérieur et de la sécurité, le colonel Yark Damehane, à assurer la protection et l’intégrité des biens et des personnes vivant sur le territoire national et affirme pour ce fait, qu’il serait sage qu’il adresse une lettre de démission au Chef du gouvernement.

Aussi, le CGDPC insiste-t-il sur l’obligation pour le gouvernement de se mettre dans une posture responsable et digne d’une institution régalienne du 21eme siècle en arrêtant de se cantonner sur des positions purement partisanes qui indéniablement sont en train de faire chavirer le pays. Il est donc temps que le gouvernement togolais se conforme à ses attributions en mettant en avant l’intérêt général de la nation.

Dans ces moments particuliers que traverse notre pays, le CGDPC ne saurait passer sous silence les efforts de la presse togolaise. Les journalistes togolais, au péril de leur vie font face aux risques psychosociaux et physiques afin de pouvoir situer l’opinion en tenant compte des impératifs liés à la fois à la rapidité et à la qualité de l’information à délivrer à l’opinion publique. Il déplore le fait que certains d’entre eux soient délibérément pris pour cible par des éléments incontrôlés et irrespectueux du quatrième pouvoir.

Enfin, le CGDPC présente ses compassions à toutes les familles touchées de quelques manières que ce soient par ces actes de violence, et appelle tous les acteurs politiques à privilégier la voie du dialogue afin de trouver une solution salutaire à la crise et ainsi épargner la population de ce spectre de la terreur.

Fait le 19 octobre 2017

Le Président du Conseil d’Administration

Mohamed MADI DJABAKATE

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