Bruno

CHRONIQUE DES DROITS HUMAINS (N°005): Le management des prisons, règles Nelson Mandela

(Société Civile Média)Sa précédente chronique portait sur le devenir des droits de l’homme face à la loi de 1901. Ce lundi, Bruno aborde un autre sujet: le management des prisons, mais tout en se focalisant sur les règles Nelson Mandela. Sur un continent où les prisons sont devenus des mouroirs, ou presque, il y a de quoi démontrer que les droits de l’homme font partie intégrante de la gestion des prisons. Et c’est justement cette démonstration que fait notre consultant à travers cette chronique. Lisez-plutôt.

LE MANAGEMENT DES PRISONS : REGLES NELSON MANDELA

« Personne ne peut prétendre connaître vraiment une nation, à moins d’avoir vu l’intérieur de ses prisons. Une nation ne doit pas être jugée selon la manière dont elle traite ses citoyens les plus éminents, mais ses citoyens les plus faibles. » Nelson Rolihlahla Mandela

 Cette citation de Nelson Mandela interpelle sur le management des prisons tous les gouvernants du monde, notamment nos dirigeants africains, et en particulier le système carcéral des 13 prisons du Togo. En Afrique, de nombreux systèmes pénitentiaires sont en crise et cette situation a de graves incidences sur les détenus, leurs familles et la société dans son ensemble. Les prisons africaines sont surchargées et mal gérées.

La question du management des prisons en Afrique est incontestablement liée aux droits de l’homme. Je voudrais préciser que les droits de l’homme font partie intégrante de la bonne gestion des prisons.

Dans un geste historique, l’Assemblée générale des Nations Unies pour rendre hommage à Nelson Mandela, un acteur du combat mondial en faveur des droits de l’homme, de l’égalité, de la démocratie et de la promotion d’une culture de la paix, qui a passé 27 ans de vie en prison, a adopté à l’unanimité, en décembre 2015, l’ensemble des règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus révisées et désignées comme les « Règles Nelson Mandela ».

Les Règles Nelson Mandela contiennent des révisions et ajouts de taille par rapport à l’Ensemble des règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus, dont l’adoption date de 1955.

Les règles Nelson Mandela contiennent désormais une section plus développée sur les principes de base, en particulier la prohibition absolue de la torture et des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

L’indépendance du personnel de santé est garantie, et des restrictions considérables sont imposées en matière de mesures disciplinaires, notamment l’interdiction des périodes de détention à l’isolement de plus de 15 jours.

Les responsables des administrations pénitentiaires, les agents pénitentiaires et les surveillants de prison sont tenus de connaître et d’appliquer les Règles Nelson Mandela.

Les Règles Nelson Mandela comportent 122 règles. Les 122 règles couvrent tous les aspects de l’organisation pénitentiaire et résument les normes minima convenues pour le traitement des détenus, prévenus ou condamnés.

Ces règles constituent la principale norme de référence pour tous ceux qui travaillent sur les questions de détention dans le monde entier, y compris les organes de monitoring.

La réussite des Règles Nelson Mandela sera mesurée par l’évaluation de leur connaissance et la mise en application par les Etats.

Par Bruno Germain HADEN

Consultant en surveillance, documentation et rapportage des violations des droits de l’homme

 

 

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